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AtelierAnnie Dallaire

Auto classique

Ciel de toit voiture ancienne et panneaux de porte

· 7 min de lecture · Atelier Annie Dallaire

Habitacle de Mustang fastback 1967, sièges baquets en cuir noir à plis verticaux

Sur une voiture ancienne, les sièges reçoivent toute l'attention. C'est ce que vous voyez en ouvrant la portière, et c'est ce que vous touchez chaque fois que vous prenez le volant.

Deux autres pièces décident pourtant si votre intérieur a l'air fini ou presque fini. Le ciel de toit et les panneaux de porte.

Les deux lâchent plus tard que les sièges. Les deux lâchent autrement. Et à peu près personne ne cherche « ciel de toit voiture ancienne » avant que le tissu commence à descendre au-dessus de votre tête.

Ciel de toit voiture ancienne : deux constructions sous votre toit

Avant de comprendre pourquoi le vôtre descend, il faut savoir comment il tient.

Sur les autos américaines des années 50 et 60, le ciel de toit est un tissu cousu. Des ourlets, appelés listings dans les manuels d'atelier, traversent la pièce d'un côté à l'autre. Des arceaux métalliques passent dedans et se clipsent dans le pourtour du toit. Le tissu est ensuite tendu et fixé sur les baguettes du pare-brise, de la lunette et des montants.

Sur les autos plus récentes, la construction change au complet. Le tissu arrive déjà contrecollé sur une fine mousse de polyuréthane, et cet ensemble est collé sur un support moulé à la forme du toit.

Deux systèmes, deux façons de finir. Le premier tient par la tension. Le second tient par la mousse et par la colle.

Ce qui fait descendre le tissu au-dessus de votre tête

Sur la construction à arceaux, c'est la tension qui cède. Le tissu se détend, les coutures des ourlets s'ouvrent, ou la fixation du pourtour lâche. Le tissu lui-même est souvent encore là, simplement il ne travaille plus.

Sur la construction à support moulé, ce n'est pas le tissu qui lâche. C'est la mousse entre le tissu et le support.

La mousse de polyuréthane vieillit mal dans un habitacle. La chaleur et l'humidité attaquent le polymère, la mousse perd sa cohésion, puis elle finit en poudre. Le tissu n'a plus rien à quoi se tenir. Il descend, et il descend d'abord là où l'habitacle chauffe le plus, près de la lunette arrière.

Il y a un indice que vous pouvez vérifier tout de suite, sans rien déposer. Passez la main sous la partie qui pend. Si une poussière fine tombe, la mousse est rendue au bout. La colle qui lâche est le symptôme, la mousse en poudre est la cause.

C'est aussi pourquoi une pièce recollée telle quelle redescend. Le tissu se recolle sur de la poudre.

Le support de votre ciel de toit décide de la suite

Sous la mousse, il y a le support. Selon l'auto et l'année, c'est un panneau de fibres pressées, un panneau de fibre de verre ou une coque thermoplastique.

Le panneau de fibres pressées boit l'humidité. Une infiltration par un joint de pare-brise, par un toit ouvrant ou par la lunette, et il gonfle, il se déforme, ses bords ramollissent.

Un support déformé ne redonne pas une surface plane. Un tissu neuf posé dessus reprend la vague du support, et ça se voit à contre-jour dès la première belle journée. C'est pour ça que le support se vérifie avant que la matière soit choisie, pas après.

Les supports en fibre de verre encaissent mieux. Ils bougent peu avec la chaleur et l'humidité, et sur ces autos le problème reste presque toujours dans la mousse et la colle plutôt que dans le support. C'est une bonne nouvelle pour votre projet : la pièce qui vous tombe sur la tête peut être remise à plat sans que rien de structurel soit à refaire.

Vos panneaux de porte : ce qui se passe derrière le vinyle

Le panneau de porte est monté à l'envers de ce qu'on imagine. Le vinyle ou le tissu que vous voyez est agrafé sur un support rigide, en carton dur ou en fibres pressées selon le modèle, et c'est ce support qui porte les clips.

Derrière, contre la tôle, il y a une membrane pare-humidité. Elle existe parce qu'une porte d'auto n'est pas étanche : l'eau qui passe le joint de vitre descend dans la porte et ressort par les trous du bas.

Quand cette membrane est déchirée ou absente, et elle l'est souvent après un remplacement de vitre ou de mécanisme, l'eau arrive directement sur le support. Un support de fibres qui boit gonfle par la tranche. Le bas du panneau épaissit, la matière se ramollit, et les trous de clips s'agrandissent.

Ce que vous voyez, vous, c'est un panneau qui bâille en bas et un clip qui ne tient plus. Vous le repoussez, il ressort à la première portière claquée. Ce n'est pas le clip. C'est le support autour du clip qui n'a plus de matière à mordre.

En atelier, la pratique est de repartir sur un support neuf quand le carton est rendu là, plutôt que d'essayer de sauver une pièce gonflée. Le vinyle, la baguette chromée et les surpiqûres se transfèrent sur le support neuf quand ils sont encore bons. Et la membrane pare-humidité se remet en place, sinon le support neuf finira exactement comme l'ancien.

Ce que votre intérieur reçoit quand ces deux pièces sont refaites

Un ciel de toit refait à neuf, c'est une fine mousse collée au support, puis un tissu auto tendu et posé sans plis. La tension se prend à la main, section par section, parce qu'un tissu de ciel de toit ne pardonne pas un pli : il reste.

Vos panneaux de porte sont recouverts à neuf, en vinyle ou en tissu auto, avec le piping et les surpiqûres du patron d'origine quand le projet le demande. Ou avec un dessin qui n'a jamais existé en usine, si c'est ça que vous voulez pour votre auto.

Sur une Mustang comme sur n'importe quelle auto classique, les deux pièces se travaillent ensemble. Le ciel de toit et les panneaux partagent la même matière, le même grain et le même fil, sinon l'habitacle se lit en deux morceaux et l'oeil accroche. Annie travaille tout modèle d'auto classique, fidèle à l'original ou sur mesure selon votre vision.

Le reste est moins spectaculaire. Le délai courant avant de commencer un nouveau projet est de quatre semaines et plus, selon la saison. Certaines teintes et certains grains se commandent, et un fournisseur qui tient une matière en petite quantité impose son propre calendrier. Il arrive aussi qu'un panneau demande un ajustement une fois que vous avez roulé quelques semaines avec. Ça fait partie de l'ouvrage.

Les catalogues et les manuels d'atelier appellent ces deux pièces de la garniture intérieure. Le mot est exact, et c'est celui que vous croiserez en cherchant des morceaux. Au Québec, dans un garage, on dit trim, et c'est le mot qui décrit ce qu'Annie fait sur votre auto.

Le détail de l'ouvrage est sur la page restauration d'intérieur d'auto classique. Pour une Mustang, la page trim Mustang reprend la même liste, pièce par pièce.

Les mesures et les patrons se relèvent sur votre auto, dans votre garage, avant qu'un seul morceau soit coupé. Rembourrage et trim sur mesure, atelier sur rendez-vous, Rive-Nord de Montréal, avec des déplacements vers Laval, les Laurentides et Lanaudière.

Questions fréquentes

Pourquoi un ciel de toit recollé redescend-il quelques mois plus tard ?
Parce que la colle n'était pas le vrai problème. Sur une auto à support moulé, le tissu est contrecollé sur une fine mousse de polyuréthane, et c'est cette mousse qui se dégrade avec la chaleur et l'humidité jusqu'à tomber en poudre. Le tissu remis en place se colle alors sur de la poudre plutôt que sur une surface. Tant que la mousse morte n'est pas retirée du support, le résultat ne tient pas.
Comment savoir si un panneau de porte est encore bon avant de le faire recouvrir ?
Déposez le panneau et regardez sa tranche du bas. Un support sain garde la même épaisseur d'un bout à l'autre et ses trous de clips sont nets. Un support atteint est plus épais en bas qu'en haut, il s'effrite sous l'ongle, et les trous de clips sont ovalisés ou déchirés. Vérifiez en même temps la membrane pare-humidité derrière le panneau : si elle est déchirée, le prochain support finira comme celui-là.
Quel tissu se pose sur un ciel de toit de voiture ancienne ?
Ça dépend de la construction de votre auto, pas du goût. Une auto à arceaux reçoit un tissu cousu avec ses ourlets, taillé au patron de la pièce déposée. Une auto à support moulé reçoit un tissu contrecollé sur mousse, collé puis tendu sur le support. Dans les deux cas la matière se choisit selon le projet, au plus proche du grain et de la teinte d'origine, ou librement quand l'intérieur est une création sur mesure.